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Journée internationale des forêts : le CIFOR au cœur d’un modèle durable alliant agriculture et conservation


Journée internationale des forêts : le CIFOR au cœur d’un modèle durable alliant agriculture et conservation La Journée internationale des forêts, célébrée chaque 21 mars, rappelle l’importance vitale des forêts pour l’environnement et les populations humaines. Cette année, le thème “Forêts et aliments” met en lumière un enjeu souvent sous-estimé : la forêt est non seulement un écosystème riche en biodiversité, mais aussi une ressource essentielle pour la sécurité alimentaire. Face à la déforestation croissante et aux pratiques agricoles non durables, le Centre de Recherche Forestière Internationale (CIFOR) et l’ICRAF s’engagent depuis près de 20 ans à Yangambi, en République démocratique du Congo (RDC), pour démontrer qu’un équilibre entre production agricole et préservation des forêts est possible. Forêts et alimentation : un lien vital en RDC Dans le bassin du Congo, la forêt joue un rôle majeur dans l’alimentation des communautés rurales. Selon le CIFOR, environ 60 % de l’alimentation locale provient directement de la forêt. La viande de brousse constitue une source essentielle de protéines, tandis que les fruits et plantes comestibles apportent des nutriments indispensables. Les plantes médicinales, quant à elles, sont utilisées depuis des générations pour les soins de santé. Pour Robert Nasi, directeur scientifique du CIFOR-ICRAF, ce lien est fondamental. Il rappelle que l’on associe souvent la forêt aux arbres et aux animaux, mais qu’elle représente aussi un garde-manger essentiel pour des millions de personnes. Cependant, cet équilibre est aujourd’hui menacé par la surexploitation des ressources forestières et des pratiques agricoles non durables comme l’agriculture sur brûlis. Yangambi : un modèle de gestion durable porté par le CIFOR Face à ces défis, le CIFOR, en partenariat avec l’INERA et l’IFA, a développé une approche intégrée qui repose sur deux axes principaux. Le premier concerne l’agriculture durable au service de la forêt. Les champs écoles paysans mis en place permettent aux agriculteurs d’adopter des techniques agricoles résilientes et respectueuses de l’environnement. Ces formations leur apprennent à optimiser les cultures sans recourir à la déforestation, à utiliser des pratiques agroforestières pour enrichir les sols et à préserver le cycle de la pluviométrie, crucial pour l’agriculture locale. Cette approche réduit la pression sur les forêts tout en garantissant une production alimentaire stable et durable. Le second axe est la valorisation des produits forestiers non ligneux. En complément des cultures agricoles, le CIFOR encourage une exploitation durable des ressources naturelles issues de la forêt. Les fruits sauvages permettent de diversifier l’alimentation, les plantes médicinales offrent un fort potentiel économique, et les ressources halieutiques jouent un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire. En diversifiant les sources de revenus et en réduisant la dépendance aux cultures de rente, ces initiatives contribuent à l’autonomie des communautés tout en préservant la biodiversité. Former pour un impact durable Un des grands défis du CIFOR et de ses partenaires est d’assurer la pérennité de ces initiatives. Avec 18 ans de présence à Yangambi, l’organisation a formé deux générations de paysans et de chercheurs, créant ainsi une transmission durable des savoirs. Pour Robert Nasi, la formation et la continuité sont essentielles. Il souligne que trop souvent, les projets de développement s’arrêtent après quelques années et leurs bénéfices disparaissent. Grâce au soutien de l’Union européenne et d’autres partenaires comme le Royaume-Uni, le CIFOR a pu assurer une continuité qui garantit des résultats concrets. L’objectif est de créer une masse critique d’experts capables de diffuser ces pratiques et d’ancrer durablement un modèle de gestion responsable des ressources naturelles. Un modèle à répliquer pour un avenir durable Plutôt que d’opposer agriculture et conservation, l’expérience menée à Yangambi prouve qu’une coexistence harmonieuse est possible. L’intégration de l’agroforesterie, de la gestion durable des ressources forestières et d’une agriculture adaptée permet de réduire la dépendance à l’agriculture sur brûlis, de préserver les ressources forestières pour les générations futures et d’améliorer la résilience des communautés face aux changements climatiques. Ce modèle pourrait être répliqué ailleurs, montrant que la forêt n’est pas un obstacle au développement, mais un allié clé pour la sécurité alimentaire et l’autonomisation des populations rurales. Un engagement quotidien pour l’avenir des forêts Alors que la Journée internationale des forêts rappelle l’urgence d’une gestion responsable des écosystèmes, Robert Nasi insiste sur l’importance d’un engagement permanent. Il estime qu’il est essentiel de penser à la forêt non seulement aujourd’hui, mais aussi les 364 autres jours de l’année, car la gestion durable des forêts et de l’agriculture est un travail quotidien. Le CIFOR et ses partenaires, l’Union européenne et le Royaume-Uni, prouvent qu’avec une approche scientifique et un accompagnement structuré, il est possible de protéger les forêts tout en assurant la sécurité alimentaire des populations qui en dépendent. Un défi de taille, mais essentiel pour l’avenir de millions de personnes.

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