Le CIFOR–ICRAF lance la composante biodiversité : perspectives pour le paysage de Yangambi RDC. Kisangani, 2 décembre 2024. - Dans un contexte où la conservation de la biodiversité devient un enjeu global, un atelier d'envergure s'est tenu à l’Hôtel Dissa, à Kisangani, sous le haut patronage du vice-gouverneur de la Tshopo, Didier Lomoyo. Cet événement, appuyé par le CIFOR-ICRAF et financé par l'Union européenne, a abordé trois axes majeurs : le lancement de la composante biodiversité, l'évaluation du plan de gestion de la faune et l'inauguration officielle de l'organisation So Wild. Retour sur une journée décisive pour la protection de la faune et des écosystèmes en RDC. Lancement de la composante biodiversité : une ambition nationale La matinée de l'atelier a été marquée par le lancement de la composante biodiversité, présentée comme un projet-phare du programme Sustainable Wildlife Management (SWM). Dans son discours d'ouverture, Didier Lomoyo a souligné l'importance de la biodiversité comme levier de développement durable : « La biodiversité est un patrimoine que nous devons préserver pour les générations futures tout en garantissant des bénéfices immédiats aux populations locales. » Nathalie Van Vliet, coordonnatrice de la composante biodiversité pour le SWM/CIFOR-ICRAF, a présenté les grandes lignes du programme. Doté d'un budget de 77 millions d'euros, ce programme d'envergure internationale touchera 19 pays à travers le monde, dont la République Démocratique du Congo, la Guyane et le Cameroun. Financé par l'Union européenne et d'autres partenaires, ce projet vise à concilier conservation et sécurité alimentaire, tout en impliquant activement les communautés locales. Jonas Nyumu, coordonnateur biodiversité de So Wild, a apporté des détails sur l'étude de la biodiversité dans la réserve de Yangambi, qui couvre 2 350 km². Il a mis en avant les techniques innovantes utilisées, telles que les pièges photographiques et l'ADN environnemental, ainsi que la collecte de 41 indicateurs clés pour évaluer l'état de la faune. Ces présentations ont suscité des échanges animés parmi les participants, notamment lors des discussions en petits groupes. Les priorités définies incluent la préservation des espèces menacées, le renforcement des capacités communautaires et le développement de mécanismes de financement durable. Après ces discussions matinales, l'accent s'est porté sur l'évaluation du Plan de Gestion de la Faune, une étape cruciale pour guider les actions futures. Une évaluation rigoureuse du Plan de Gestion de la Faune L'après-midi a été consacrée à l'évaluation du plan quinquennal de gestion de la faune (PGF) du paysage de Yangambi. Jean Fundi Kiparamoto, secrétaire d'Umoja Faune, a présenté les initiatives phares, telles que la formation d'éco-gardes et le développement d'activités économiques alternatives, comme l'écotourisme et la pisciculture. Il a également insisté sur le rôle des communautés locales dans la mise en œuvre de ces stratégies. « L'implication des populations locales est la clé pour une gestion durable de nos ressources naturelles, » a-t-il déclaré. André Malekani, point focal du Centre de Surveillance de la Biodiversité (CSB) dans Umoja Faune, a présenté une analyse des progrès réalisés et des défis rencontrés. L'évaluation a mis en évidence une forte pression de chasse dans la région et la nécessité de renforcer les pratiques durables. Des recommandations concrètes ont été formulées pour améliorer le plan, notamment par le renforcement des activités de sensibilisation et l'intégration de nouvelles technologies de suivi de la faune. Ces discussions ont permis de développer une vision commune et des stratégies adaptées pour surmonter les obstacles identifiés, renforçant ainsi la collaboration entre les différents acteurs. L’atelier s’est conclu sur une note festive et inspirante avec le lancement officiel de So Wild. So Wild : une organisation dédiée à la conservation En soirée culturelle animée par un groupe folklorique local, Emmanuella Mbangale, directrice générale adjointe de So Wild, a présenté la mission et les objectifs de cette organisation nouvellement créée. Ses activités couvrent un large éventail d’initiatives, allant du suivi de la faune à l’éducation environnementale, en passant par la réhabilitation des espèces et le soutien aux communautés locales. Parmi les projets phares figure le programme Zamba Club, destiné à sensibiliser les enfants à la conservation. « So Wild est une association environnementale unique qui relie la science, la communauté et la gouvernance pour une gestion intégrée de la biodiversité, » a-t-elle déclaré. Les participants ont salué cette initiative, voyant en elle une opportunité de renforcer les efforts de conservation à l’échelle locale et nationale. Une feuille de route pour l'avenir L'atelier de Yangambi a été une véritable plateforme d'échanges et de réflexion, mettant en lumière des solutions concrètes pour la conservation de la biodiversité. Les discussions et recommandations formulées servent de base pour guider les actions futures dans le paysage de Yangambi et au-delà. Ce moment fort souligne l'urgence d'intégrer la biodiversité dans les politiques publiques et les pratiques locales. Comme l'a résumé Didier Lomoyo : « Ensemble, nous pouvons transformer les défis en opportunités et garantir un avenir harmonieux entre l'homme et la nature. » Jean Fundi KIPARAMOTO
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