Débat sur la Constitution en RDC: Mukwege appelle Tshisekedi à se méfier des “tambourinaires” Le Dr Denis Mukwege exhorte le président de la République, Félix Tshisekedi "à ne pas suivre les tambourinaires". Dans sa lettre du 21 mars, parvenue lundi 23 mars à notre rédaction, il explique que ceux qui chantent en l’honneur du Chef de l’État le font “pour leurs intérêts personnels et non pour l’intérêt supérieur de la Nation.” Denis Mukwege s’est ainsi exprimé dans un contexte dominé par le débat sur la révision ou la modification de la loi fondamentale. L’Union sacrée de la nation, avec en tête, le parti présidentiel UDPS, exprime clairement ses intentions de modification/révision de la Constitution. Ce qui n’est pas du goût de l’opposition, à l’instar de Joseph Kabila, Martin Fayulu et Delly Sessanga. Ils sont contre cette idée Sur cette liste, on peut désormais ajouter le Prix Nobel de la paix, le Docteur Denis Mukwege. Il pense que ceux qui soutiennent le Président Tshisekedi aujourd’hui seront les premiers à le “poignarder dans le dos”. Mukwege s’inspire du passé récent où, dit-il, certains caciques et ténors du régime précédent ont poignardé leur « autorité morale » qu’ils défendaient avec tant de force, mais qui, au changement du régime, lui ont tourné le dos. Des honorables sans honneur Le conseil de Denis Mukwege à Félix Tshisekedi intervient après la récente démission de Modeste Bahati, ancien deuxième vice-président du Sénat. Ce dernier s’était montré quasi opposé à la démarche de l’USN, estimant que le problème au Congo ne résidait pas dans le texte, mais dans l’homme. Ce qui lui a valu le désaveu, tant au sein de l’USN que dans son propre parti. Quelques jours après, Modeste Bahati avait demandé pardon et déclaré sa loyauté au Chef de l’État. Quelques mois plus tôt, Vital KAmerhe était éjecté du perchoir de l’Assemblée nationale, pour avoir proposé le dialogue afin de mettre fin à la guerre dans la partie Est de la RDC. Il avait, aussi, à son tour demandé pardon et déclaré sa loyauté au Chef de l’État après des vagues de contestations de ses collègues de l’USN. Denis Mukwege n’apprécie guère cette démarche et pense que les démissions en cascade d'abord de l'ancien président de l'Assemblée nationale puis de Modeste Bahati, le deuxième vice-président du Sénat est un frein à la démocratie. " Vital Kamerhe et Bahati Lukwebo ont osé exercer leur fonction qui est celle de représenter le peuple, souverain primaire, dont la volonté doit guider l’action des élus. Là où le bât blesse, c’est lorsque les deux responsables politiques se rabaissent en implorant la grâce présidentielle et en clamant haut et fort leur loyauté au Président de la République qui, on peut l’imaginer, se délecte de cette humiliation publique”, se désole Denis Mukwege. Et de poursuivre: “Avez-vous perdu la boussole des ancêtres? Vous faites honte au peuple que vous représentez et à nos ancêtres, qui nous ont appris à mourir debout, plutôt que de pourrir”. Selon lui, dans une démocratie normale, les représentants du peuple contrôlent l’action présidentielle et celle du gouvernement. “Mais au Congo c’est le président qui sanctionne les députés qui osent exprimer leur désaccord en utilisant ses courtisans au Parlement. Une inversion de rôles qui tue la démocratie", s'est-il plaint. Denis Mukwege se dit convaincu que la plupart des collègues de Vital Kamerhe et Modeste Bahati restés au parlement pensent comme eux, mais sont “soumis au diktat de la mangeoire”.








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