Répression du sit-in devant le Palais du Peuple : Le gouvernement se félicite, l’opposition dénonce la violence Le sit-in organisé vendredi 12 juin 2026 par les leaders de l’opposition devant le Palais du Peuple à Kinshasa a dégénéré en affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, comme le montrent plusieurs images qui fusent sur les réseaux sociaux. Les versions des faits divergent toutefois sur le déroulement exact des événements. Le gouvernement provincial de Kinshasa rejette les accusations de violence excessive portées contre les forces de l’ordre. Dans un communiqué signé par le porte-parole du gouverneur Daniel Bumba, le Dr Patricien Gongo Abakazi, les autorités affirment qu’aucun décès n’a été enregistré lors des incidents. Le bilan officiel fait état de vingt blessés légers, dont quinze policiers et cinq manifestants. Le gouvernement signale également l’incendie de près de cinq véhicules. Les autorités accusent par ailleurs certains organisateurs d’avoir recruté et placé en première ligne des individus armés de machettes afin de provoquer les forces de sécurité. « Des individus désœuvrés, parfois sous l’emprise de substances prohibées, ont été manipulés et munis d’armes blanches pour franchir les périmètres de sécurité et provoquer les forces de l’ordre », affirme le communiqué, citant des informations des services de sécurité. La vice-ministre de l’Intérieur, Eugénie Tshiela, a pour sa part salué l’action de la Police nationale congolaise. « La Police a fait son travail avec professionnalisme comme d’habitude », a-t-elle déclaré après la dispersion du rassemblement. Du côté de l’opposition, l’on note deux décès et plusieurs blessés, a affirmé Martin Fayulu dans une interview accordée à Top Congo FM qui lui-même a été blessé à la tête. Delly Sesanga a lui aussi exhibé, dans une vidéo, des traces de coups et appelé à la poursuite du mouvement. « Ce n’est qu’un début. Nous irons jusqu’au bout », a déclaré le président du parti Envol, tout en remerciant les Congolais qui ont répondu à l’appel à la mobilisation. À l’initiative de plusieurs figures de l’opposition, notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga, cette mobilisation visait à protester contre l’examen de la proposition de loi sur le référendum, dont les opposants redoutent qu’elle puisse ouvrir la voie à une remise en cause de l’article 220 de la Constitution, considéré comme verrouillant certaines dispositions fondamentales du texte constitutionnel. Selon Martin Fayulu, le rassemblement a débuté au siège de son parti, l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), avant que les participants ne se dirigent vers le Palais du Peuple. « Quand nous avons vu qu’il y avait beaucoup de monde, nous avons avancé vers le Palais du Peuple », a-t-il expliqué, affirmant que les forces de l’ordre ont d’abord utilisé des gaz lacrymogènes avant de recourir à des tirs à balles réelles pour disperser la foule. Et d’ajouter : « Ils nous ont attaqués simplement parce que nous voulions dire aux députés de ne pas déconner ». Martin Fayulu promet déjà une nouvelle étape de la mobilisation : « Félix Tshisekedi me connaît bien et il me trouvera sur sa route ». Pendant ce temps, à l’Assemblée nationale la proposition de loi sur le référendum a été adoptée par une large majorité des députés.








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