Révision de la Constitution : l’ECC auditionne André Mbata, Martin Fayulu et Augustin Kabuya avant sa position officielle L’Église du Christ au Congo (ECC) poursuit ses consultations sur la question sensible de la révision ou du changement de la Constitution de la République démocratique du Congo. Dans le cadre de la 66ᵉ session extraordinaire de son Comité exécutif national, l’Église protestante a auditionné, vendredi 05 juin, plusieurs figures majeures de la majorité présidentielle et de l’opposition afin de recueillir leurs points de vue avant de rendre sa position officielle. Le premier à être entendu a été le professeur André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation. Face aux responsables de l’ECC, il a présenté les arguments de la majorité en faveur d’une réforme constitutionnelle. Selon lui, la Constitution actuellement en vigueur présente des limites qui ne permettent plus de répondre efficacement aux attentes de la population et constituent un obstacle à l’action du Président de la République dans l’exercice de ses fonctions. Quelques heures plus tard, l’opposant Martin Fayulu a défendu la position contraire. Le président du parti Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé) a estimé qu’une telle initiative intervient dans un contexte inapproprié, marqué notamment par la situation sécuritaire préoccupante dans l’est du pays. Il a soutenu que la Constitution interdit toute révision en période d’état de guerre ou d’état d’urgence. Pour Martin Fayulu, engager un processus de modification constitutionnelle dans les circonstances actuelles risquerait de fragiliser davantage l’unité nationale et d’exposer le pays à des menaces de balkanisation. À son tour, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, a réaffirmé la position du parti présidentiel en faveur d’un changement de la Constitution. Il a soutenu que le texte fondamental actuel limite considérablement les marges de manœuvre du Chef de l’État, l’empêchant de mettre pleinement en œuvre sa vision et ses réformes. À l’issue de ces différentes auditions, l’ECC a indiqué qu’elle poursuivrait ses travaux d’analyse avant de se prononcer officiellement sur la question. « Les pères de l’Église à l’ECC réfléchissent sur cette question et ont jugé important d’entendre aussi bien les partisans que les opposants à cette démarche. Nous avons reçu le professeur André Mbata qui a présenté son point de vue, puis Martin Fayulu qui a expliqué les raisons du refus de l’opposition. Ils ont été entendus et il revient désormais aux pères de l’Église d’examiner ces différentes positions à la lumière de leurs études afin de formuler la parole qu’ils adresseront au peuple », a déclaré le pasteur Maurice Mondengo, directeur de cabinet adjoint du président national de l’ECC et directeur de la communication et de la presse. Selon les responsables de l’Église protestante, cette démarche s’inscrit dans leur volonté de contribuer au débat national en privilégiant l’écoute et le dialogue entre les différentes sensibilités politiques. Sauf changement de programme, la position officielle de l’Église du Christ au Congo sur le maintien, la révision ou le changement de la Constitution devrait être rendue publique ce dimanche 7 juin au terme des travaux de la 66ᵉ session extraordinaire du Comité exécutif national.








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