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Ebola en RDC et en Ouganda : face au virus Bundibugyo, aucun traitement approuvé à ce jour


Ebola en RDC et en Ouganda : face au virus Bundibugyo, aucun traitement approuvé à ce jour La République démocratique du Congo et l’Ouganda font face à une nouvelle flambée d’Ebola particulièrement préoccupante. À l’origine de cette épidémie déclarée officiellement le 15 mai 2026 : le virus Bundibugyo, une souche rare contre laquelle aucun traitement ni vaccin homologué n’existe actuellement, selon un communiqué des Médecins Sans Frontières (MSF). Selon les autorités sanitaires congolaises, plus de 500 cas suspects et plus de 130 décès ont déjà été signalés dans plusieurs zones de santé du nord-est de la RDC, notamment en Ituri et au Nord-Kivu. L’Ouganda voisin a également confirmé un premier cas mortel. Une situation qui inquiète fortement les organisations humanitaires et les experts de santé publique. Contrairement aux précédentes épidémies causées par le virus Ebola dit « Zaïre », pour lesquelles des vaccins et traitements ont été développés ces dernières années, le virus Bundibugyo reste largement méconnu sur le plan thérapeutique, confirment Médecins Sans Frontières (MSF). À ce jour, aucun médicament approuvé n’existe contre cette souche. Les deux traitements à base d’anticorps monoclonaux validés après les essais cliniques menés en RDC entre 2018 et 2020 ne sont efficaces que contre le virus Ebola classique et non contre le virus Bundibugyo. « Il existe des antiviraux et des anticorps monoclonaux candidats, mais leur efficacité reste encore à démontrer », indiquent les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF), mobilisées sur le terrain. En l’absence de traitement ciblé, les équipes médicales sont contraintes de se limiter à une prise en charge symptomatique : réhydratation intensive, oxygénation, surveillance cardiaque et sanguine, ainsi que le traitement des complications liées à la fièvre, aux vomissements et aux diarrhées. Les précédentes épidémies de Bundibugyo avaient affiché un taux de létalité estimé entre 25 et 40 %, renforçant les inquiétudes autour de cette nouvelle flambée. Aucun vaccin homologué Autre difficulté majeure : les vaccins actuellement disponibles contre Ebola ne couvrent pas le virus Bundibugyo. Le vaccin Ervebo, largement utilisé lors des précédentes flambées en Afrique, ainsi qu’un second vaccin destiné aux personnes à risque, ont été développés uniquement contre le virus Ebola Zaïre. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) discute actuellement de possibles essais cliniques d’urgence pour tester de nouveaux candidats vaccins adaptés au virus Bundibugyo. MSF affirme être prête à participer à ces recherches, comme lors des essais réalisés en RDC en 2019. Des capacités de détection limitées La réponse sanitaire est également freinée par le manque de tests adaptés. Les tests PCR utilisés pour confirmer les cas nécessitent des kits spécifiques à chaque souche virale. Or, les stocks disponibles pour détecter le virus Bundibugyo restent insuffisants. Ce déficit ralentit la confirmation des cas, complique le suivi des contacts et retarde l’isolement rapide des personnes contaminées, pourtant essentiel pour casser les chaînes de transmission. Une course contre la montre En attendant d’éventuels traitements ou vaccins, les autorités sanitaires misent principalement sur les mesures classiques de contrôle épidémiologique : isolement des malades, suivi des contacts pendant 21 jours, enterrements sécurisés, désinfection des zones à risque et sensibilisation communautaire. Mais le contexte sécuritaire fragile de l’est de la RDC complique fortement ces opérations de terrain. Les premières alertes avaient été signalées dès le début du mois de mai dans la zone de santé de Mongwalu, en Ituri. Depuis, des cas ont été détectés à Bunia, Rwampara, puis jusqu’à Goma, signe d’une propagation déjà importante de l’épidémie. L’OMS a déclenché, le 17 mai dernier, son niveau d’alerte maximal face à cette flambée transfrontalière. Il s’agit de la 17e épidémie d’Ebola recensée en RDC depuis la découverte du virus en 1976, mais seulement de la troisième liée spécifiquement au virus Bundibugyo, après celles enregistrées en Ouganda en 2007-2008 et en RDC en 2012.

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