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« La Monusco n’a pas observée l'armée rwandaise en RDC » : c’est une déclaration maladroite (gouvernement)

La population en avait déjà assez de la politique de l’autruche de la Mission de l’Onu pour la stabilité du Congo (Monusco), aujourd'hui le gouvernement s'allie à cette position. Et, comprend en même temps cette colère de la population vis-à-vis de cette mission parce qu’elle ne se montrait pas prompte à dénoncer le mal lorsqu’il est fait. 

Au cours de la dernière conférence hebdomadaire de la Monusco, Le lieutenant-colonel Harvey Frédéric, chef de liaison de la Monusco auprès des FARDC, a, en effet, déclaré n’avoir pas pu vérifier par ses propres moyens la présence des troupes rwandaises aux côtés des terroristes du M23 lors de la conquête de la cité de Bunagana.

« La Monusco n’a pas pu vérifier par ses propres moyens ces allégations-là. Et le Rwanda et pour l’Ouganda, nous n’avons aucune confirmation factuelle », avait-il dit. 

Si des témoignages sur le terrain des opérations et les récentes preuves irréfutables, notamment, les munitions et tenues militaires rwandaises trouvées dans la base arrière du M23 à Nyiragongo lors de leur déroute il y a trois semaines et la capture des éléments de l’armée rwandaise par une unité des FARDC et présentés à la face du monde démontrent un soutien indéniable du Rwanda aux terroristes du M23, la mission onusienne disait ne pas observer ces troupes rwandaises ni dans les rangs du M23 ni sur le territoire congolais. 

Le gouvernement de la République, par l’entremise de son porte-parole, le ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya qualifie de « maladroit » ces propos. 

« C’est une déclaration maladroite. J’espère que Mme la représentante du secrétaire général des Nations unies le dira dans les jours qui viennent parce que le numéro 2 de la force commander de la Monusco avait déclaré le jour où on célébrait les casques bleus qu’il y avait du matériel sophistiqué qui était utilisé par le M23 », a laconiquement déclaré Patrick Muyaya au cours d’une émission sur les antennes de RFI, mercredi 22 juin 2022.

De ce qui précède, il comprend pourquoi dans des années antérieures il y avait toujours cette colère au sein de la population vis-à-vis de la Monusco qui ne se montre pas très prompte à dénoncer lorsque le mal est fait, surtout la présence des troupes rwandaises aux côtés du M23.

« Force de paix » versus « armée de paix »

Même dans une configuration de « mandat sous chapitre VII », autorisant l’emploi de la force, les missions de l’Onu ont une faible capacité d’imposition car une telle mission de paix est une force militaire sans être une armée. 

L’ambiguïté vient du fait qu’elle en a toutes les apparences, ce qui provoque une confusion entre « force de paix » et « armée de paix ». Une mission d’imposition de la paix a une structure militaire avec un état-major, des unités d’observation et d’opération, des moyens logistiques offensifs (hélicoptères de combat et blindés), etc.

Pour autant, de nombreuses raisons empêchent cet appareil militaire onusien d’être une authentique « armée de la paix ». Commencée en 1999 comme Mission d’observation de Nations unies au Congo (Monuc), elle s’est transformée depuis le 1er juillet 2010 en la Mission de l’Onu pour la stabilité du Congo (Monusco). Douze ans après, a-t-elle stabilisé le Congo ? La question lui reste posée. 

Tout cela aboutit à une force qui est un puzzle international dont les morceaux ne sont pas toujours agencés au mieux, dont la direction relève plus de l’exercice diplomatique que militaire et dont l’efficacité réside dans la présence massive plus que dans l’action.

Pour revenir au lieutenant-colonel Harvey Frédéric, chef de liaison de la Monusco auprès des FARDC, il avait, par ailleurs, fait savoir que la Monusco n’est pas en guerre contre le Rwanda et l’Ouganda. « Ce n’est pas la raison pour laquelle nous sommes ici. Nous sommes ici pour accomplir notre mandat qui consiste à protéger les populations civiles et à préserver l’intégrité nationale ». 

Cependant, à l’inverse d’une armée, l’action des casques bleus repose sur une doctrine de l’engagement minimal ou sur une interprétation minimaliste de l’imposition de la paix : « Lorsque la guerre éclate, le rôle des casques bleus s’achève ». Autrement dit, les forces onusiennes jouent, sur le terrain, un strict rôle de dissuasion passive. Elles peuvent protéger les populations par leur présence et répliquer quand elles sont attaquées, mais elles ne prennent pas de décisions offensives.

Laisser « l’ennemi mener le jeu »
Pour bien des observateurs, la plus grande mission de l’Onu au monde ne devrait en aucun cas demeurer passive surtout quand elle doit jouer son rôle de prédilection, celui d’œuvrer pour la stabilisation de la RDC.

Sur ce, ils trouvent que cette doctrine présente une faiblesse double : d'abord la dissuasion ne fonctionne que si l’ennemi croit que ses actions susciteront une réponse proportionnelle et, dans un contexte de belligérance, se voir de facto interdire l’offensive signifie laisser « l’ennemi mener le jeu ». C’est donc lui qui impose son rythme et sa pression dans la confrontation, ne laissant aux casques bleus qu’une seule stratégie possible : répliquer.

Habituées au carcan de la dissuasion passive et soucieuses de ne jamais outrepasser leur mandat, les troupes onusiennes développent une tactique d’évitement qui consiste à se cantonner, en ville, à un rôle de protecteur et de négociateur mais très rarement à faire de l’imposition de la paix malgré un mandat en ce sens. 

À Tout Prendre, et face à cette passivité de la Monusco, Kinshasa a accepté le déploiement dans sa partie orientale des forces des États membres de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC), excepté le Rwanda pour traquer les groupes armés locaux et les terroristes du M23 soutenus par le régime de Kigali. 

Domi

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