Guerre dans l’Est de la RDC : l’ONU impuissante face à l’entêtement du Rwanda et du M23 Aucune avancée significative. Réuni jeudi 27 mars, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est retrouvé face à un mur : le Rwanda et les rebelles du M23 restent sourds à la résolution 2773, qui exige leur retrait immédiat des territoires occupés à l’est de la RDC. Le représentant congolais à l’ONU a été catégorique : aucun soldat rwandais ne s’est retiré du sol congolais. « Le Rwanda a plus de la moitié de son armée déployée sur le territoire congolais, et ce, sans le consentement de l'État congolais », a-t-il dénoncé devant les Nations Unies. Le mandat de la MONUSCO remis en question Face à cette impasse, les États-Unis plaident pour une révision du mandat de la MONUSCO, estimant que celui-ci n’est plus adapté à la réalité du terrain. « Le M23 commet des exactions à Goma. Si la MONUSCO ne peut pas exécuter son mandat et protéger les civils dans les zones contrôlées par le M23, nous, membres du Conseil, devrions envisager toutes les options possibles, y compris une révision du mandat de la mission qui ne reflète plus l'environnement opérationnel », a déclaré la représentante des États-Unis à l’ONU. De son côté, la France exige le retrait des forces rwandaises de la RDC, tout en exhortant Kinshasa à neutraliser les FDLR, un groupe armé opérant sur son territoire. Paris réaffirme son soutien aux processus de paix en cours et appelle à des actions concertées pour stabiliser la région. Un climat sécuritaire de plus en plus alarmant Pendant ce temps, la MONUSCO tire la sonnette d’alarme : le Nord-Kivu enregistre un nombre record de violations des droits humains, conséquence directe de l’intensification des hostilités. « Ces derniers mois, la province du Nord-Kivu a enregistré le plus grand nombre de violations et d'atteintes aux droits humains. Ces abus graves contre les civils incluent des exécutions sommaires de plus d'une centaine de personnes, des enlèvements, des recrutements forcés, y compris d’enfants, ainsi que des cas de travail forcé », a alerté Bintou Keita, cheffe de la MONUSCO. Alors que la situation sécuritaire continue de se dégrader, le Conseil de sécurité restera-t-il dans l’inaction ou prendra-t-il enfin des mesures plus coercitives face à Kigali et au M23 ? L’avenir de la RDC en dépend.
Laissez-nous un message