Kagame sur la présence de ses troupes en RDC : « Le Rwanda serait cent fois plus riche » Le président rwandais Paul Kagame a de nouveau nié mercredi 4 février toute implication de son pays dans l’exploitation illégale des ressources minières de la République démocratique du Congo, imputant exclusivement les tensions persistantes entre Kigali et Kinshasa à la présence, sur le sol congolais, des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). S’exprimant lors de l’ouverture du dialogue national « Umushyikirano », à Kigali, le chef de l’État rwandais a rejeté ce qu’il qualifie de « narratif fallacieux » faisant du Rwanda un acteur motivé par l’appropriation des minerais congolais ou par des visées territoriales à l’Est de la RDC. « Le problème que le Rwanda a avec la RDC concerne principalement les FDLR qui y sont présents, ainsi que l’idéologie génocidaire qu’ils continuent de véhiculer », a déclaré Paul Kagame, affirmant que ces groupes armés profèrent régulièrement des menaces contre la sécurité du Rwanda. Dans un propos destiné à balayer les accusations économiques portées contre Kigali, le président rwandais a lancé : « Si nous étions vraiment en RDC pour les minerais, le Rwanda serait cent fois plus riche que ce que nous sommes aujourd’hui. » Kigali invoque une logique sécuritaire, pas économique Paul Kagame soutient que le conflit armé qui ravage l’Est de la RDC « n’a pas été déclenché par le Rwanda » et « n’a pas commencé à partir du Rwanda », sans toutefois préciser l’origine qu’il estime « connue ». Il affirme que les actions imputées à Kigali relèvent exclusivement de mesures défensives face à des menaces sécuritaires persistantes depuis le génocide de 1994. Le président rwandais accuse également les autorités congolaises d’avoir « hébergé et armé » des éléments des FDLR, allant jusqu’à affirmer que certains combattants auraient été intégrés au sein des Forces armées de la RDC (FARDC) ou collaboreraient avec elles. Face à l’argument avancé par Kinshasa selon lequel plusieurs membres des FDLR seraient aujourd’hui âgés et militairement marginalisés, Kagame rétorque que la transmission idéologique aux jeunes générations constitue toujours une menace réelle. « Le problème n’est pas l’âge des combattants, mais l’idéologie qui se perpétue », a-t-il insisté. Sanctions internationales Le chef de l’État rwandais a par ailleurs adopté un ton dur à l’égard des pressions internationales, notamment les menaces de sanctions ciblées contre Kigali. Il a assuré que son pays ne se laisserait pas « étouffer » par des mesures coercitives extérieures, qu’il perçoit comme politiquement orientées. Les déclarations de Paul Kagame interviennent dans un contexte diplomatique particulièrement tendu. Plusieurs rapports du Groupe d’experts des Nations unies, ainsi que des prises de position officielles des États-Unis, accusent le Rwanda de soutenir militairement le mouvement rebelle M23, actif dans l’Est de la RDC. Selon ces experts, le M23 bénéficierait d’un soutien logistique, opérationnel et en formation en provenance de Kigali. Le Conseil de sécurité de l’ONU a formellement exigé du Rwanda la fin de tout appui aux rebelles et le retrait de toute présence militaire rwandaise sur le territoire congolais. À New York, Washington a accusé Kigali de « conduire la région vers la guerre » en fournissant entraînement, équipements, logistique et combattants au M23, en dépit des accords diplomatiques visant à désamorcer la crise. Les autorités américaines ont également imposé des sanctions ciblées à l’encontre de responsables rwandais, pour leur rôle présumé dans l’escalade du conflit. Kigali persiste et signe Le Rwanda continue de rejeter en bloc ces accusations, niant toute implication directe ou indirecte dans les opérations du M23. Kigali affirme rester engagé en faveur de la paix et de la stabilité régionale, tout en conditionnant toute normalisation durable avec Kinshasa à la neutralisation des FDLR sur le sol congolais. En RDC, ces déclarations sont perçues comme une tentative de dépolitiser la dimension économique du conflit, alors que de nombreuses enquêtes internationales pointent le rôle central des minerais stratégiques (or, coltan, cassitérite) dans le financement des groupes armés et dans les dynamiques régionales de prédation.








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