Violations des droits de l'homme en RDC : 602 victimes d’exécutions extrajudiciaires et sommaires répertoriées La Haute-Commissaire adjointe aux droits humains de l’ONU, Nada Al-Nashif a révélé, le 01 avril en marge d'une réunion sur la situation de la RDC, de centaines des cas d'exactions contre les civils se multiplient. A l'en croire, 602 victimes d'exécutions sommaires commises par les parties en conflit ont été documentées depuis le début de l'année 2025. « Depuis le début de l’année, nous avons recensé 602 victimes d’exécutions extrajudiciaires et sommaires, commises par toutes les parties au conflit », a-t-elle indiqué. Dans le même registre Bintou Keita, Représentante du Secrétaire Général des Nations-Unies en RDC, a fait savoir que le M23, dont les membres sont pour beaucoup d'anciens soldats congolais issus de l'ethnie tutsie, a exécuté sommairement au moins 240 civils pour leur collaboration présumée avec les FARDC, la milice pro-gouvernementale Wazalendo ou avec les FDLR. Violences sexuelles, crise alimentaire, déplacements Nada Al-Nashif a par ailleurs mis en lumière la progression alarmante des violences sexuelles liées au conflit avec une augmentation de plus de 270 % entre janvier et février. Pour elle, parallèlement, la crise alimentaire atteint des proportions dramatiques dans le pays, touchant près de 26 millions de personnes, soit près d’un quart de la population. A cela s’ajoutent les déplacements massifs de populations. La Haute-Commissaire adjointe a souligné que près de 7,8 millions de personnes étaient aujourd’hui déplacées à l’intérieur du pays, dont 3,8 millions uniquement dans les deux provinces du Kivu. L’ampleur de ces déplacements, combinée à la violence systématique, exacerbe selon elle les souffrances des civils, pris au piège dans une guerre interminable. « Après près de trois décennies de guerre et plus de 6 millions de morts, il devrait être parfaitement clair qu’il n’existe pas de solution militaire à ce conflit », a-t-elle affirmé, tout en insistant sur la nécessité urgente d’une solution politique durable. Bintou Keita a dénoncé le fait que : "Plusieurs criminels dangereux, dont des personnes condamnées pour crimes internationaux, sont désormais en liberté." Elle a par ailleurs noté une augmentation des représailles commises par d'anciens prisoniers libérés et des membres du M23 à l’encontre de survivantes de violences sexuelles, de témoins, de médecins légistes, de défenseurs des droits humains et de membres de l'appareil judiciaire. De son côté, Chantal Chambu Mwavita, la ministre Congolaise des droits humains, a condamné avec fermeté l’occupation de certaines zones de la RDC par l’armée rwandaise et ses alliés du M23 et de l’Alliance fleuve Congo, responsables « en toute impunité » d’assassinats de civils, de violences sexuelles, d’enrôlements d’enfants, de pillages et d’exécutions sommaires. Les autorités Congolaises renseignent que , depuis janvier 2025, rien que dans la province du Nord-Kivu, plus de 7.000 personnes ont été tuées et 90 sites d’accueil pour personnes déplacées ont été détruits. « Il y a donc urgence à appuyer considérablement la Mission d’établissement des faits du Haut-Commissariat des Nations-Unies sur la situation dans les provinces du Nord-Kivu et Sud-Kivu de la RDC afin de la rendre véritablement opérationnelle et efficace », a-t-elle insisté. Face à cette situation dramatique, la ministre Congolaise a exhorté la communauté internationale à se mobiliser davantage. Elle a salué à ce titre les sanctions prises contre le Rwanda par certains pays et organisations internationales, tout en appelant à des actions plus concrètes pour mettre fin à l’occupation des territoires Congolais. Soutenant la position de la RDC, Bintou Keita a exhorté les États à renforcer la coopération internationale pour mettre fin aux flux financiers alimentant les groupes armés. « Les États et les entreprises privées qui profitent des ressources naturelles exploitées dans des conditions dangereuses et illégales doivent cesser de se cacher derrière des chaînes d’approvisionnement opaques », a-t-elle déclaré. Alors que les appels au retrait immédiat des troupes Rwandaises de la RDC se multiplient, les efforts diplomatiques régionaux et internationaux peinent cependant à imposer une solution politique durable. Pendant ce temps, le M23 appuyé par l'armée rwandaise fait la loi dans les provinces du Nord et Sud-Kivu où plusieurs cas d'exactions sont signalés.
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