Sponsoring : Constant Omari dénonce des contrats « sans retour » pour la RDC

Sport
Omari

Les partenariats de sponsoring conclus par la République démocratique du Congo avec plusieurs grands clubs européens continuent de susciter des interrogations. Invité dans un Space sur X, l’ancien président de la FECOFA, Constant Omari, a vivement critiqué les accords noués notamment avec le FC Barcelone, l’AS Monaco et l’AC Milan, s’interrogeant sur leurs retombées concrètes pour le pays.

Au-delà des montants évoqués, qui se chiffreraient à plusieurs millions de dollars, Constant Omari estime que la principale question demeure celle du retour sur investissement. Selon lui, les résultats attendus de ces partenariats restent difficilement perceptibles sur le terrain.

Le partenariat avec le FC Barcelone est particulièrement cité. Présenté comme devant comporter un important volet consacré au transfert de compétences et à la formation, cet accord devait notamment contribuer au renforcement des capacités des acteurs du football congolais.

Pour répondre aux critiques suscitées par ces contrats, le ministère des Sports avait mis en avant plusieurs bénéfices attendus : formation des encadreurs, transfert de compétences, développement des jeunes talents, construction ou accompagnement de centres de formation, ainsi que diverses initiatives destinées à renforcer l’écosystème sportif national.

Mais plusieurs questions demeurent sans réponse claire.

Quelles formations ont effectivement été organisées ? Combien d’entraîneurs, de techniciens ou de jeunes Congolais en ont bénéficié ? Quels centres de formation ont été construits, réhabilités ou accompagnés ? Combien de talents ont été effectivement pris en charge ? Et surtout, quels résultats concrets peuvent aujourd’hui être présentés à la population au regard des sommes engagées ?

Pour Constant Omari, ces interrogations sont légitimes et nécessitent des réponses précises.

L’autre enjeu soulevé concerne la visibilité internationale recherchée à travers ces partenariats. L’ancien dirigeant de la FECOFA estime que l’exposition offerte à la RDC ne semble pas, à ses yeux, suffisamment importante pour justifier les investissements consentis.

Il compare notamment cette stratégie à celle du Rwanda, qui a développé des partenariats avec des clubs et des marques bénéficiant d’une audience internationale considérable, notamment Arsenal et le Paris Saint-Germain. Dans cette logique, le choix de l’AS Monaco comme partenaire de la RDC interroge également sur le niveau de rayonnement recherché.

Car pour être réellement pertinente, une stratégie de visibilité internationale ne devrait pas se limiter à l’affichage du nom ou du drapeau d’un pays sur les supports de communication d’un club.

Elle devrait pouvoir générer des retombées mesurables : attractivité touristique, investissements, promotion de la destination RDC, opportunités commerciales, développement du sport de haut niveau, formation des jeunes ou encore valorisation des talents et du savoir-faire congolais.

Au fond, la question soulevée par Constant Omari dépasse donc le simple choix des clubs partenaires. Elle renvoie à l’évaluation de l’efficacité des dépenses publiques et à la nécessité de mesurer concrètement le retour obtenu par la RDC.

Combien le pays a-t-il investi ? Qu’a-t-il réellement obtenu en retour ? Et surtout, quelles réalisations peuvent être vérifiées et présentées aux Congolais ?

Autant de questions auxquelles les autorités compétentes sont désormais appelées à apporter des réponses documentées.

- Dhanmak