Karaté : le dossier FEKACO devant le TAS se rapproche de son épilogue
Le contentieux opposant des dirigeants de la Fédération de Karaté du Congo (FEKACO) devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) entre dans une phase décisive. Alors que la procédure suit son cours à Lausanne, en Suisse, les prochaines étapes pourraient marquer un tournant dans ce dossier, considéré par plusieurs observateurs comme l’un des plus importants litiges sportifs que connaît actuellement la République démocratique du Congo.
Dans un courrier daté du 28 juillet 2026, le Greffe du Tribunal arbitral du sport indique que la procédure se poursuit normalement. Le document précise notamment qu’à cette date, aucune communication n’avait été reçue des membres du comité exécutif de la FEKACO, désignés comme intimés dans cette affaire.

Cette absence de réponse intervient à un moment crucial de la procédure arbitrale. Conformément aux règles applicables devant le TAS, le dossier poursuit néanmoins son traitement, le Tribunal restant compétent pour statuer sur la base des éléments versés au dossier par les parties.
Une fois rendue, la sentence arbitrale s’imposera aux parties concernées. Les décisions du Tribunal arbitral du sport sont, en principe, définitives et exécutoires, sous réserve des recours très limités prévus par le droit suisse. Les instances sportives internationales concernées, notamment l’Union des Fédérations Africaines de Karaté (UFAK) et la World Karate Federation (WKF), sont appelées à en assurer l’application conformément à leurs statuts.
Au-delà du litige opposant les parties, cette procédure pourrait constituer un précédent dans le mouvement sportif congolais. À ce jour, peu de différends internes impliquant une fédération nationale d’arts martiaux en République démocratique du Congo ont abouti à une décision du Tribunal arbitral du sport, juridiction de référence en matière de règlement des litiges sportifs internationaux.
L’affaire relance également le débat sur la gouvernance du sport en République démocratique du Congo. Plusieurs observateurs estiment que les tensions récurrentes au sein de certaines fédérations nationales mettent en évidence la nécessité de renforcer le respect des textes régissant le mouvement sportif ainsi que le principe d’autonomie des fédérations.
Au cours du mandat de l’actuel ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, plusieurs fédérations ont en effet été confrontées à des différends institutionnels, notamment la Fédération Congolaise de Boxe, le Comité Olympique Congolais (COC) et la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA). Ces différents dossiers ont alimenté les débats sur les rapports entre les pouvoirs publics et les instances sportives nationales.
Dans ce contexte, plusieurs acteurs du mouvement sportif plaident pour une gouvernance davantage fondée sur le dialogue, le respect de l’État de droit et l’application stricte des textes nationaux ainsi que des règlements des fédérations internationales. Selon eux, une telle approche permettrait de prévenir les crises institutionnelles et de limiter le recours aux juridictions internationales pour régler les différends sportifs.
La sentence attendue dans le dossier FEKACO est désormais suivie avec attention par les acteurs du sport congolais. Au-delà de son impact sur les parties au litige, elle pourrait contribuer à préciser les rapports entre l’État, les fédérations nationales et les organisations sportives internationales, tout en servant de référence pour d’éventuels contentieux futurs.
- Dhanmak
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